Les jardins méditerranéens

pdf

Les jardins méditerranéens


Carte mondiale des climats méditerranéens

http://www.chateau-perouse.com/assets/bestanden/gallery/9/192.jpg

Qu’est-ce que le climat méditerranéen ?
Il se caractérise par un été sec et un hiver tempéré avec une alternance de pluies torrentielles sur des périodes courtes et de périodes de sècheresse pouvant être extrêmes. Certaines zones peuvent en quelques jours recevoir plus de 50% de leur précipitation annuelle. D'autres périodes de sécheresse (ajoutées à un été sec) se produisent tout au long de l’année. Il arrive que l'humidité soit inférieure à 20%. Ces amplitudes climatiques extrêmes génèrent pour la végétation, de sévères conditions de vie qui l'oblige à s’adapter ou à s’acclimater afin de résister et se perpétuer sous un tel climat.

Ce climat est bien évidemment présent sur les territoires bordant la Méditerranée mais aussi dans d'autres régions du globe telles que celles situées en Californie, au Chili, en Australie et en Afrique du Sud.

Que veut-on dire quand nous parlons de végétation méditerranéenne ?
Beaucoup de gens l’ignorent mais la flore est beaucoup plus riche dans les régions de climat méditerranéen que dans les régions à climat tempéré. Les botanistes dénombrent près de 75.000 espèces de plantes soumises à un régime de sécheresse estivale.

En matière de biodiversité, en France notamment, plus de 60% des espèces végétales sont concentrées dans la zone méditerranéenne. A titre de comparaison, l’Europe non-méditerranéenne est composée de 6.000 espèces, alors que le Sud de la France (l’Hérault entre autre) compte à lui seul, plus de 2.000 espèces.  

Pourquoi ces zones ?
Dans le plan (ci-après), les zones dites de climat méditerranéen sont les suivantes : La Californie, le Chili, bien entendu le Bassin Méditerranéen, la pointe extrême de l’Afrique du Sud et enfin deux zones situées au sud-est du continent australien.
Elles sont situées dans des zones géologiques bien spécifiques. Souvent situées en bordure de plaque tectonique, les mouvements de la croute terrestre ont donné naissance à des zones escarpées, soit en bord de mer, soit en montagne. Les zones étudiées sont le résultat d’une combinaison d'éléments géologiques et géographiques ainsi que climat qui en découle.

A la suite d’une succession de périodes glaciaires alternées par des réchauffements climatiques, les régions indiquées sont naturellement devenues des « refuges » pour les espèces végétales. Proximité d’une mer ou d’un océan, barrières rocheuses à l’intérieur des terres. Une multiplicité de facteurs a permis à la flore de développer une forme de résistance, tout en étant relativement « abritée » sur le littoral et dans les zones escarpées.

Pourquoi doit-on les préserver ?
Les stratégies de reproduction pour ces espèces végétales sont plus complexes que celles nécessaires aux espèces se développant en plaines. La notion de temps s’entend ici à l’échelle planétaire. Le patrimoine génétique, l’ADN mute lentement, cette mutation naturelle résulte de la capacité de résistance aux conditions environnementales. Si des espèces se sont retrouvées « coincées » dans des zones fragmentées, elles ont dû adapter leur comportement pour se perpétuer, parfois elles ont même muté afin de créer une nouvelle famille de plantes. Elles ont développé des paramètres tellement spécifiques, rares et multiples, que leur patrimoine génétique n’est pas assez varié pour résister à de brusques changements (tel l’impact humain). Ce qui leur a permis de résister dans ces zones est aussi ce qui les fragilisent. D’où la prise de conscience du milieu scientifique qui a pris en compte la nécessité de protéger cette biodiversité en définissant dans le monde des points chauds de biodiversité. Pour lire plus sur les stratégies de survie cliquez ici.

Qu'allons nous trouver dans le Parc Botanique?
L’emplacement du parc et sa superficie offrent un écrin favorable pour accueillir ce projet novateur à une telle échelle. Fort de ces informations, le propriétaire du domaine est parti à travers le monde pour découvrir ces espaces typiques et ramener les idées qui ont servi de base à l’implantation.

Zone Méditerranée complète - Zoomer pour accéder au detail des plantations

Principales formes végétales communes aux régions de climat méditerranéen

  FORÊT ZONES MIXTES VEGETATIONS COTIERES FORME ARBUSTIVE
AUSTRALIE Eucalypt forest Eucalypt forest Kwongan Kwongan/Mallée
AFRIQUE DU SUD - - Strandveld Fynbos/Albany ticket
CALIFORNIE Redwood forest Oak forest Coastal sage scrub Chapparal
CHILI Nothofagus forest Sclerophyll forest Coastal matorral Matorral
MEDITERRANEEN Forêt de Chêne & Pin Forêt de Chêne Garrigue Maquis

Les Communautés Végétales

Ce tableau permet de comprendre le panel végétal des 5 zones qui au final désigne les mêmes types de végétation (avec des variantes).

Forme arbustive : Ce type définit globalement une végétation arbustive à feuilles persistantes et sclérophylles. Les variantes sont les suivantes :

  • Le Chapparal Californien est généralement constitué d'une couche dense unique de grands arbustes avec peu de plantes en sous-bois.
  • Le Mattoral Chilien se présente sous la forme de grands arbustes et petits arbres qui sont plus espacés et permettent à des herbacées de pousser.
  • Le Fynbos Africain et le Mallée Australien présentent des caractéristiques regroupant celles qui précèdent, avec plus de variantes de hauteur et d’espèce.
  • Le Maquis du bassin méditerranéen offre une densité importante mais peut également varier en hauteur avec quelques grands sujets minoritaire. Le terme maquis issu du français est largement utilisé, en grande partie grâce à l’influence de l’Université de Montpellier (Sud de la France) qui fait autorité dans ce domaine.

Végétation côtière : utilisée ici pour définir une communauté végétale côtières composée principalement d’arbustes bas adaptés au vent et à l'air salin. Il s'agit le plus souvent d'une déclinaison d'arbustes et broussailles plus nombreuses ainsi que des zones herbées sur les dunes et les plages. Le Matorral Chilien devient ainsi le Matorral côtier. En Australie ou en Afrique du Sud les zones décrites vont s’apparenter au Matorral et enfin dans le Bassin Méditerranéen, la garrigue sera composée d’arbuste très bas et adaptés à une sécheresse intense (Pour information, cette forme de végétation est appelée Phrygana en Grèce et Batha en Israël.

Zones Mixtes : on peut communément définir ces zones comme des « bois » où les arbres sont suffisamment espacés pour laisser place à une variété d'arbustes, de plantes herbacées et graminées. Les chênes à feuilles caduques dominent les forêts de Californie et du bassin méditerranéen. Les Eucalyptus sont les especes le plus présent en Australie. Comme le Nothofagus au Chili. En Afrique du Sud, les bois et forêts sont beaucoup plus rares que dans les quatre autres zones. Les bois se trouvent généralement dans les zones à usage agricole, de sorte qu'une grande partie de cette végétation a été convertie en pâturage.

Forêts : elles sont composées d'arbres dont la densité fournit une canopée substantielle. Elles ont besoin de plus d’eau que les autres variétés mais sont néanmoins soumises aux feux et elles s’y sont adaptées ainsi qu’à la sècheresse estivale. Nous trouverons des chênes et des forêts sclérophylles mixtes en Californie, des forêts d’eucalyptus en Australie, au Chili la forêt sclérophylle a diminué en même temps que l’activité humaine se développait. Le bassin méditerranéen était autrefois recouvert de forêts de chêne, et pour les mêmes raisons il n’en reste que très peu. La région du Cap en Afrique du Sud n’a quant à elle jamais eu de forêt. Il faudra aller à Knysna pour en trouver des vestiges d’avant la colonisation européenne.